Oisiveté

Posté par ~steuh-95719 le 3 septembre 2008 qui était d'humeur Sereine

Trouvé sur la fiche de Morpheus, et ça correspond tellement à mon état d'esprit du moment, que je ne peux m'empêcher de vouloir le sauvegarder ici.

« Se trouver un travail pour avoir un salaire - voilà ce qui rend aujourd'hui presque tous les hommes égaux dans les pays civilisés ; pour eux tous le travail est un moyen et non la fin ; c'est pourquoi ils mettent peu de finesse au choix du travail, pourvu qu'il procure un gain abondant.

Or, il y a des hommes rares qui préfèrent périr plutôt que de travailler sans plaisir : ils sont délicats et difficiles à satisfaire, ils ne se contentent pas d'un gros gain lorsque le travail n'est pas lui-même le gain de tous les gains. De cette espèce d'hommes rares font partie les artistes et les contemplatifs, mais aussi ces oisifs qui passent leur vie à la chasse ou bien aux intrigues d'amour et aux aventures. Tous cherchent le travail et la peine lorsqu'ils sont mêlés de plaisir, et le travail le plus difficile et le plus dur, s'il le faut.

Sinon, ils sont décidés à paresser, quand bien même cette paresse signifierait misère, déshonneur, péril pour la santé et pour la vie. Ils ne craignent pas tant l'ennui que le travail sans plaisir : il leur faut même beaucoup d'ennui pour que leur travaille réussisse. Pour le penseur et pour l'esprit inventif, l'ennui est ce calme plat de l'âme qui précède la course heureuse et les vents joyeux ; il leur faut le supporter, en attendre les effets à part eux - voilà précisément ce que les natures inférieures n'arrivent absolument pas à obtenir d'elles-mêmes ! Chasser l'ennui à tout prix est aussi vulgaire que travailler sans plaisir. »

Nietzsche

Merci, mec.


Where The Rainbow Ends

Posté par ~steuh-95719 le 28 août 2008 qui était d'humeur Sereine

Le patron rentre de ses vacances, tout bronzé, mais pas tout nu. Mais j'irais pas jusqu'à dire que c'est dommage, non. Gentil, pas hautain, visiblement surbooké. On sent que c'est la rentrée...Autour de moi, c'est l'effervescence et je me sens comme une plante verte qui ne pense qu'à respirer. Respirer calmement. La candidate assistante commerciale a préparé une liste de 8 questions qu'elle a soigneusement entourées, comme à l'école. Elle s'excuse à chaque fois qu'elle en pose une, mais l'autre joue le jeu.

Je me laisse bercer par le métro. Je me souvenais pas que ça allait si vite. Je m'approche avec prudence des portes de sortie, c'est là qu'on reconnaît la bouseuse en puissance. Adieu pour de bon ma citadinitude.

Je préfère regarder les gens que je croise et essayer de deviner lesquels ont tiré un coup hier soir. Elle, non. Lui, oui. Elle, oui, et sa copine, oui et re-oui même. Lui, non. Lui, oui. C'est plus facile de deviner sur les hommes. Ils marchent de manière détendue.

26.08.08 : Bing Crosby chante "Where The Rainbow Ends" sur la chaîne et c'est toute mon enfance qui me surgit à la gorge. Le père sifflait toujours cet air dans les couloirs de Paris 8 et c'est la première fois que j'entends le morceau en vrai.

Mes filles sont mes remparts. J'ai toujours une excuse pour reculer d'un pas. "oué mais ça ira pas le mercredi elles vont à la danse". Ben tiens. Mais j'en ai conscience. C'est pas travailler qui me fait peur. Au contraire même. Ce sont les gens qui me font peur. Tous ces gens qui s'agitent. Et qui savent pas pourquoi ils s'agitent. Pour en profiter 5 semaines par an? Pour se payer un restaurant? Pour le dernier écran plasma? Je peux pas devenir comme eux, et si je reste trop longtemps à leur contact, si ça se trouve, je finirai comme ça. Et ce sera le début de la fin. C'est moi qui emmène les filles à la danse. Point.


L'adolescent de campagne

Posté par ~steuh-95719 le 9 août 2008 qui était d'humeur Sereine

Après l'ex-Vi parano qui tape son caca nerveux parce que ce que mon précédent article l'a ramené à sa réalité, attaquons-nous un brin à l'adolescent de campagne (mais peut-être es-tu également un ado de cambrousse, qui sait? enfin, c'est pas ma faute, je préviens, hein, j'y suis pour rien, vieux).

L'adolescent de campagne vit dans un bled de 150 habitants où y a vraiment, mais vraiment rien à vandaliser tellement c'est la dèche.
L'adolescent de campagne squatte l'arrêt du car, juste à côté du terrain de pétanque. Yo.

L'adolescent de campagne, le soir du 14 Juillet, ne se mêle pas au reste des habitants du village. Problème de divergences de valeurs, sans doute.

L'adolescent de campagne participe quand-même au feu d'artifice, juste pour le plaisir de ricaner comme un blaireau quand les petites filles exclament leur joie et leur allégresse devant le spectacle.

L'adolescent de campagne vient pécho un verre et un bout de gâteau et se tire tout de suite après, sinon, c'est la teuhon quoi.
Mais attention, l'adolescent de campagne, quand il te croise en sortant, te dit "bonsoir". Eho on n'est pas dans le neuf-trois non plus. On est un minimum civilisé ici.

L'adolescent de campagne, le 01.08.08 à 14h46 a bu un verre de trop et n'aurait pas dû rouler à 130 sur une départementale, parce que lui qui n'avait pas le permis, son passager qui allait fêter ses 18 ans le lendemain, et leur pote à l'arrière se sont mangé un 4x4 et sont morts sur le coup.

Et y aura toujours quelques connards pour venir remarquer que c'est bien fait pour sa gueule, à l'adolescent de campagne, qu'il avait qu'à pas rouler si vite...tu sais, ces mêmes connards qui ont un peu oublié qu'eux aussi ont eu 18 ans, ont fait eux aussi des conneries, et qu'eux aussi ils sont rentrés un soir, tellement murgés qu'ils se rappelaient pas comment ils étaient rentrés.

Mais bon, ça, le connard, de campagne ou pas, ça a de la merde dans les yeux quand il s'agit de sa propre connerie, mais ça en a pas pour voir celles des autres.